Le 29 mars 2025, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : trois minutes.
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Le 29 mars 2025, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : trois minutes.
Investissements français à l’étranger
À Shanghai, Air Liquide investit 23 millions d’euros dans un centre d’hydrogène haute pression, une première en Chine, pour alimenter plus de 1000 camions par jour et soutenir la transition énergétique du pays. Alors que la France investit massivement dans l’hydrogène bas-carbone pour atteindre ses objectifs climatiques, ce vecteur énergétique prometteur pourrait transformer l’industrie, les transports et le stockage d’énergie d’ici 2035.
Le groupe français de gaz industriels Air Liquide a inauguré le 28 mars 2025 à Shanghai un centre de conditionnement d’hydrogène destiné au transport lourd. Cet investissement de 23 millions d’euros représente une avancée technologique majeure pour la Chine avec un système de stockage à haute pression à 300 bars type II, une première nationale.
L’inauguration s’est déroulée en présence du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui a salué cette coopération industrielle franco-chinoise, soulignant l’importance des investissements mutuels entre les deux pays.
L’installation, d’une capacité initiale de remplissage de 12 tonnes par jour, pourra accueillir 12 stations de ravitaillement en hydrogène, permettant d’approvisionner plus de 1000 camions quotidiennement. Elle jouera un rôle stratégique dans le développement de l’infrastructure hydrogène dans la région du fleuve Yangtsé.
Ce projet s’inscrit dans la feuille de route chinoise de transition énergétique et de décarbonation des transports. En février, environ 5000 véhicules à pile à combustible et 18 stations de ravitaillement étaient déjà déployés dans la région de Shanghai.
Concernant la source de l’hydrogène utilisé, Rui Coelho, directeur général d’Air Liquide en Chine, a précisé qu’il proviendrait de « l’utilisation de ressources abondantes de coproduits industriels » issues de la plateforme chimique de Shanghai.
L’hydrogène représente aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour la transition énergétique. Ce vecteur énergétique, principalement utilisé dans la chimie et le raffinage, offre un potentiel considérable de réduction des émissions de gaz à effet de serre tout en constituant une opportunité économique significative. La France, qui a mis en place un Conseil national de l’hydrogène (CNH, janvier 2021) et divers programmes de soutien, espère générer jusqu’à 100 000 emplois directs dans ce secteur en pleine expansion.
Comme l’électricité, l’hydrogène n’est pas une énergie primaire mais un vecteur énergétique qui doit être produit. On le trouve naturellement dans l’eau (H₂O) et les hydrocarbures comme le méthane (CH₄). Des sources naturelles d’hydrogène ont également été découvertes, mais leur potentiel reste à évaluer pour une exploitation à l’échelle industrielle d’ici 2035-2040.
Actuellement, 95% de l’hydrogène mondial est produit à partir d’hydrocarbures par des procédés comme le reformage du gaz naturel à la vapeur d’eau, méthode la plus répandue mais émettrice de CO₂. Pour obtenir un hydrogène décarboné, trois options principales existent : capter et stocker le CO₂ émis lors de la production à partir d’énergies fossiles, pyrolyser du méthane, ou utiliser l’électrolyse de l’eau alimentée par une électricité bas-carbone (renouvelable ou nucléaire).
L’Agence française de la transition écologique (Ademe) a récemment proposé une nouvelle terminologie : l’hydrogène « renouvelable » (ex-vert) produit par électrolyse avec des énergies renouvelables, l’hydrogène « fossile » (ex-gris) issu des hydrocarbures, et l’hydrogène « bas-carbone » (regroupant les ex-bleu et jaune) produit soit avec captage du CO₂, soit par électrolyse avec de l’électricité nucléaire.
Le stockage et le transport de l’hydrogène posent des défis techniques en raison de sa faible densité volumique malgré sa haute densité énergétique. Pour le stocker efficacement, on peut le comprimer à 700 bar (7 litres équivalant à l’énergie d’1 litre d’essence) ou le liquéfier à -253°C (4 litres équivalant à 1 litre d’essence). Son transport s’effectue principalement par pipelines, avec plus de 4500 km de réseau dans le monde.
Outre ses usages traditionnels dans la production d’ammoniac, de méthanol et le raffinage pétrolier, l’hydrogène offre des perspectives prometteuses pour décarboner l’industrie, assurer le stockage d’électricité ou alimenter les transports. Cependant, son déploiement à grande échelle reste confronté à des verrous technologiques et économiques, notamment le coût encore élevé de l’électrolyse comparé au reformage du gaz naturel.
Urbanitas.fr
Ressource : Air Liquide. Un leader mondial des gaz, technologies et services pour l’industrie et la santé (airliquide.com)
Ressource : Le Conseil national de l’hydrogène (entreprises.gouv.fr)
Ressource : Agence de la transition écologique (ademe.fr)
Ressource : Chine Éco : Shanghai, le labo d’innovation d’Air Liquide, par Erwan Morice - 31/10 (bfmtv.com)
Ressource : PDG d’Air Liquide Chine : la CIIE est un moment pour développer de nouvelles opportunités du marché (entreprendre.fr)
Air Liquide, hydrogène vert, hydrogène gris, hydrogène bleu, Transition énergétique, Décarbonation, Transport lourd, Pile à combustible, Coopération franco-chinoise, Shanghai, Jean-Noël Barrot.
Nouvelles technologies | Le 1er avril 2025, par Urbanitas.fr.